Le film de ma vie

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Le film de ma vie

Message  Deniz le Lun 17 Déc 2007 - 12:58



Regarder un film à suspense peut être une grande leçon pour peu qu’on observe son attitude. On peut en effet se rendre compte que, dans un film « bien fait », on entre carrément dedans : on considère le film comme un événement qui existe réellement. En effet, pris par l’intrigue, et notre désir que tout finisse bien, comme le film est fait de telle manière à tirer en longueur l’arrivée du dénouement avec autant de rebondissements, on éprouve des émotions, des réactions comme si cela était la réalité. De plus, on pense même qu’on peut modifier le film en pensant ou même prononçant des phrases comme : mais comment est-ce possible ? Mais pourquoi ne fait-il pas ça ? Il suffirait de dire ceci….Comment peut-on être aussi bête….Mais non, ne vas pas là ! Etc…Tout cela mêlé à de l’angoisse, de la peur, de l’anxiété, de la tristesse, et à la fin, le soulagement tant attendu. En plus, souvent, après le film, l’histoire est tellement imprimée en nous (au niveau émotionnel) qu’on y repense (et en discute) comme si tout cela s’était réellement passé. Oui, on entre vraiment dans le film, au point qu’on oublie que c’est un film, qu’il a déjà été écrit, réalisé, que toute l’histoire, y compris la fin est connue, et qu’on peut le regarder autant de fois, ce sera toujours la même. La seule chose qui changera, ce sera notre réaction. Mais ici, il est facile de se rendre compte qu’on a été pris dans le piège de l’illusion : il suffit de changer de chaîne, de ne plus regarder l’écran, d’éteindre la télé, ou de sortir du cinéma pour que toute cette fiction disparaisse (le cinéma a plus le pouvoir de nous plonger dans le virtuel grâce à la salle noire et à l’écran géant : on ne voit plus que les images projetées ; le son y est par ailleurs très fort).



Cette prise de conscience de l’irréalité d’un film qu’on regarde, peut nous aider à commencer à comprendre que notre vie et tout ce qu’on voit est également un film qui a déjà été tourné : un pure fiction. Le thème principal du film, les grandes lignes ont déjà été établies, et se répètent à chaque incarnation, avec des variantes (établies par nous), un peu comme les films Rocky…A chaque incarnation, on regarde le même (plus ou moins) film de notre vie, et ce qui change vraiment, c’est notre attitude d’observateur : va-t-on réussir un jour à se rendre compte que c’est un film ??? Va-t-on réussir à éteindre cette projection, à la faire disparaître pour retrouver notre véritable réalité, tout comme celui qui a su détourner son regard de l’écran et a éteint sa télé ?



Quel est ce film à suspense parfaitement réalisé que nous prenons pour notre réalité ? Il s’agit de la fausse croyance que nous sommes séparés de Dieu. Prenons un exemple de cette fiction ….Imaginons dans un salon, des parents assis dans un canapé, entrain d’admirer leur tout jeune enfant (disons un an) qui joue par terre. L’enfant est au comble du bonheur, il se sent en sécurité, il ressent la présence et l’amour de ses parent, il se sent protégé et uni à eux. Aurait-il le moindre désir, il sait qu’il serait immédiatement comblé plus qu’il n’en faut. Mais voilà que pendant que ses parents se font des câlins, l’enfant, poussé par la curiosité, se déplace jusqu’à un porte entrouverte. Il pénètre dans une autre pièce qui est sombre, et sans y faire attention, donne un coup de coude à la porte qui se referme derrière lui. Après un très bref moment de surprise, l’enfant se rend compte qu’il est en territoire inconnu, et même s’il a déjà été dans cette pièce, il n’en a aucun souvenir. De plus, horreur, ses parents ont disparus ! Il ne les voit plus, ne les entend plus, ne ressent plus leur amour. Il veut faire demi-tour, mais la porte est fermée, il est trop petit et ne sait pas l’ouvrir…Il se sent séparé à tout jamais d’eux. Alors arrive la PEUR et la culpabilité inconsciente d’être parti dans cette autre pièce et de ne plus savoir comment revenir. L’enfant va alors projeter dans cette pièce sombre tout un monde à partir de son ego, il va imaginer et se faire tout un film : celui de l’orphelin perdu à qui il peut arriver toutes sortes de malheurs. Ce film sera tellement bien fait, angoissant, qu’il va entrer dedans et le prendre pour la réalité. Ce qu’il ne sait pas, c’est que cette soi-disante séparation ne va durer que quelques secondes et que ses parents qui sont derrière la porte, à quelques mètres, sont toujours là à l’aimer et qu’il ne peut rien lui arriver. Ces quelques secondes de peur avant le retour dans les bras de ses parents représentent chacune de nos incarnations, et on y projette et voit le même film à chaque fois, mais dans des circonstances différentes.



On a bien compris que les parents représentent Dieu, et l’enfant, chacun de nous. Notre difficulté, voire notre impossibilité (si on est seul) à se rendre compte de l’illusion de notre monde et de la stupidité à avoir peur, est la même que pour cet enfant. En regardant la scène, nous penserions : ah bon sang, si l’enfant pouvait se rendre compte que ses parents sont juste à côté et qu’il ne peut rien lui arriver ! Pourquoi pleurer ? Autrement dit, cela ne pourrait pas nous arriver, car nous, adultes, savons que…Qu’est-ce qui change entre l’enfant et l’adulte ? Le niveau de conscience. Nous sommes à l’enfant ce que notre Moi Supérieur (notre véritable être) est à nous. Nous allons vite « grandir » pour pouvoir ouvrir cette porte, en tout quiétude, car nous allons prendre conscience que nous n’avons jamais réellement été séparés, et que toute la projection du film à suspense de notre vie était une fiction.



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